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Lutter contre les déserts médicaux en France

La notion de désert médical désigne des territoires dont le taux de professionnels et d’établissements de santé est inférieur à la moyenne du pays.

Vous êtes médecin et vous faites face à une charge de travail excessive et/ou à des délais d’attente particulièrement longs pour vos patients ? Cela signifie donc que vous exercez dans ce que les médias appellent généralement un désert médical.

Toutes les spécialités sont touchées par cette difficulté d’accès aux soins : des médecins généralistes aux médecins spécialistes en passant par d’autres éventuels professionnels de santé comme les sages-femmes ou les kinésithérapeutes.

Comment expliquer les déserts médicaux en France : quelques chiffres pour comprendre

Selon une étude parue en février 2021 de l’Association des Maires Ruraux de France (AMRF), 10 millions de Français résident dans une commune où l’accès aux soins est de qualité inférieure à celle de la moyenne des territoires français. L’étude souligne ainsi que la densité de médecins, toutes spécialités confondues est inférieure à la campagne, en comparaison avec les territoires hyper-urbains. Ce sont ainsi des régions entières qui sont touchées par cette désertification, notamment la Champagne-Ardenne, l’Auvergne (en dehors du Puy de Dôme) ou encore la région Centre.

Source CNOM « ATLAS DE LA DÉMOGRAPHIE MÉDICALE EN France, SITUATION AU 1er JANVIER 2020 »

Autre phénomène inquiétant mais toutefois lié, celui de l’augmentation de l’âge moyen des médecins en France. En 2019 un médecin sur trois avait plus de 60 ans, notamment en région Centre et Île-de-France. Associé au vieillissement grandissant de la population, les effets de ces deux indicateurs sur le court terme pourraient impacter fortement le nombre de déserts médicaux ces prochaines années.

Pour autant, le nombre total de médecins spécialistes en exercice (tous modes d’exercice confondus), n’a jamais été autant élevé, avec une croissance de 6% depuis 2010.  Mais face au vieillissement de la population, il devient impossible pour les professionnels de santé de suivre la demande.

Faut-il s'inquiéter d'une véritable pénurie de médecins généralistes dans les années à venir ?

Selon une étude du Conseil National de l’Ordre des Médecins, on assiste à une baisse globale du nombre de médecins généralistes en France au profit des médecins spécialistes. Ainsi entre 2010 et 2020 cette diminution est de l’ordre de 9% avec une croissance annuelle moyenne estimée à -0,9%. Les régions les plus touchées par cette baisse d’effectif sont le Centre-Val-De-Loire (-2,8%) et l’Ile-De-France (-2,1%).

Source CNOM « ATLAS DE LA DÉMOGRAPHIE MÉDICALE EN France, SITUATION AU 1er JANVIER 2020 »

Autre phénomène visant à augmenter ces déserts médicaux : le vieillissement de l’âge des médecins généralistes. L’étude menée par l’AMRF montre qu’aujourd’hui, ce sont principalement dans les régions dites rurales et hyper rurales que l’âge moyen de ces médecins est le plus marqué : 55 ans en moyenne. Loin d’être une tendance, ce vieillissement de la profession médicale est constaté depuis de nombreuses années. En 2012, l’Institut de recherche et de documentation en économie de la santé (IRDES) affirmait déjà qu’entre 2000 et 2009, le nombre de praticiens de plus de 55 ans avait été multiplié par 3,8.

Cette situation ne va pas en s’améliorant, tant les jeunes médecins tout juste diplômés se concentrent davantage dans les zones urbaines.

Comment lutter contre les déserts médicaux ?

La réponse de l’État

Pour lutter contre cette situation, une réforme globale a été établie par le Ministère de la Santé. La stratégie « Ma Santé 2022 » se développe sur 4 priorités :

  • Renforcer l’offre de soins dans les territoires au service des patients
  • Mettre en œuvre la révolution numérique en santé pour abolir les distances
  • Favoriser une meilleure organisation des professions de santé pour assurer une présence soignante pérenne et continue
  • Faire confiance aux acteurs des territoires pour construire des projets et innover

Derrière ces grandes lignes, l’Etat propose de nombreuses solutions. Pour les jeunes diplômés, une bourse étudiante est proposée en contrepartie de l’installation dans une zone avec un faible accès en soin. De plus, les stages de médecine générale se développent pour promouvoir davantage cette spécialité.

Augmenter le nombre de généralistes peut également aider. Pour ce faire, depuis septembre 2020 le numerus clausus n’existe plus. La volonté derrière cette suppression est d’augmenter de 20% le nombre de médecins formés. Cette réforme impose également à chaque interne de médecine générale d’effectuer un stage « en priorité » dans une zone dite sous-dense lors de leur dernière année d’étude. Cette suppression récente ne fait toutefois pas l’unanimité auprès des professionnels de santé, certains considérant que la réforme sera sans effet sur les déserts médicaux.

La télémédecine est également une solution qui va dans le sens de cette lutte. Selon les chiffres de l’Assurance Maladie, à leur niveau le plus haut en 2020, la téléconsultation a représenté en moyenne 27% de l’ensemble des consultations.

POUR VOIR LA TOTALITÉ DES MESURES ANNONCÉES PAR LE MINISTERE DE LA SANTÉ : CLIQUEZ ICI

Une solution pour favoriser et améliorer le remplacement

Parmi les actions à mettre en place pour lutter contre les déserts médicaux, le Ministère de la Santé évoque la facilitation des remplacements. Des start-ups à l’instar de Docndoc, qui a rejoint la plateforme e-santé branchetstore.fr,  innovent en la matière et apportent des solutions concrètes pour assurer une continuité des soins auprès de la patientèle.

Cette plateforme a été pensée pour tous les médecins ayant des difficultés à trouver un remplaçant, une succession ou une installation partout en France. Docndoc s’inscrit dans cette démarche de lutte contre les déserts médicaux en favorisant la mobilité des médecins et en faisant découvrir aux jeunes de nouveaux territoires dans tout le pays notamment via des offres promotionnelles sur de nombreuses activités sportives, culturelles ou gastronomiques partout en France.

Docndoc en chiffres, c’est :

  • 200 nouveaux médecins inscrits chaque semaine
  • 20 000 utilisateurs, toutes spécialités confondues
  • 100% du territoire couvert, y compris l’Outre-Mer.

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