Apprendre à réagir et gérer l’urgence : de la voile au bloc opératoire

Quand un marin prend la mer, il doit mobiliser des compétences techniques et non techniques, au risque de subir des événements indésirables. Cette dualité, nous la retrouvons dans le quotidien des médecins, au bloc, pour l’ensemble des équipes.

 C’est au travers de ce lien que les deux disciplines se croisent et offrent des regards croisés passionnants.

En attendant de visionner notre webinaire Branchet TV du jeudi 22 septembre « Apprendre à réagir et gérer l’urgence : regards croisés entre le chirurgien, l’anesthésiste-réanimateur et le skipper d’un bateau de course », apprenez-en plus sur cette discipline hors du commun : la mini-transat, et retrouvez les portraits des 3 skippers invités sur nos webinaire.

Quand voile et bloc opératoire se rejoignent

Le Dr Jean-Yves Ferrand, chirurgien plasticien à Paris et passionné de voile est bien placé pour faire le lien entre la voile et la chirurgie. Selon lui, en mer comme au bloc, l’important est de savoir ce qu’il s’est passé : pourquoi l’échec est survenu ? Découvrez les points communs qui relient ces deux disciplines :

Les soft skills
Traverser l’Atlantique ou opérer un patient, dans les deux cas il est nécessaire d’allier compétences techniques et non techniques. La préparation psychologique est d’ailleurs intégrée au programme de la plupart des skippers.

La checklist
A bord, les skippers utilisent la checklist pour vérifier le matériel avant chaque départ. Au bloc, elle est indispensable avant toute intervention.

Faire face à l’urgence et aux événements indésirables
En mer comme au bloc, des complications brutales peuvent survenir. Dans ces deux environnements, une réaction rapide est indispensable, que ce soit pour la santé du patient ou la sécurité des skippers. Bien que le chirurgien ne soit jamais seul au bloc, en cas d’imprévu, une personne doit devenir leader et prendre une décision.

Avoir une humeur stable
Face aux difficultés ou aux grands succès, les navigateurs et les intervenants au bloc doivent faire preuve de sang-froid : ne pas s’emballer, ne pas paniquer. La lucidité et le calme sont indispensables dans ces deux environnements.

La Mini-transat : c’est quoi ?

Créé en 1977 par Bob Salmon, la Mini Transat est une course au large en solitaire qui a lieu chaque année impaire. 2023 annonce la 24ème édition, à laquelle participeront 90 bateaux de la Classe Mini. La Classe Mini rassemble des voiliers de 6,50 mètres (le Mini), divisés en deux catégories : les SERIES et les PROTOS. Ce sont les plus petits bateaux participant à des courses hauturière. La Mini-Transat, réputée très technique, n’autorise aucune communication à bord : pas de téléphone, pas d’assistance, pas de cartographie GPS. Seule la météo, transmise par BLU (une petite radio), parvient aux skippers. Quant à la navigation, elle se fait à la main : pour se repérer, ils récupèrent les coordonnées GPS qu’ils reportent directement sur une carte papier.

La course dure 20 à 25 jours, pendant lesquels les skippers ont l’obligation de tenir un carnet de bord. Leur principal risque est de tomber à l’eau, c’est pourquoi ils sont toujours attachés à bord, car si cela arrivait, leurs chances de survie seraient très minces.

Le challenge de la Mini Transat commence dès l’inscription. Pour pouvoir prendre le départ, il est nécessaire d’avoir effectué au moins deux courses qualificatives :

  • 1 000 miles (1 850kms) « hors course », sans escale, le but étant de tester la course en solitaire ;
  • 1500 miles (3 600 kms) à cumuler en participant aux différentes courses organisées par la Classe Mini.

Mais face au succès grandissant de l’épreuve, la validation des phases qualificatives n’est plus suffisante ! La participation étant limitée à 90 bateaux, de nombreux skippers se retrouvent sur une liste d’attente qui ne cesse de s’allonger : ils sont actuellement plus de 200 aspirants pour l’édition 2023.

Les plus proches de la sélection doivent être présents la veille du départ, prêts à prendre la mer si l’un des concurrents déclare forfait.

Le parcours :

La course est scindée en deux étapes :

  • Étape 1 : Départ des Sables d’Olonne (prévu pour octobre 2023), arrivée à l’île de la Palma, 1200 miles, pour une durée de 7 à 10 jours, incluant la très technique traversée du Golfe de Gascogne ;
  • Étape 2 : La plus attendue, la traversée de l’Atlantique pour rejoindre Saint François en Guadeloupe.

Au total : 4050 milles, soit 7 500 km.

Les skippers

Julien LETISSIER

Préparateur de voiliers de course au large.

Il est arrivé 14ème de la Mini Transat de 2019, avec un bateau
de série. Aujourd’hui, il s’associe avec Thaïs Le Cam (fille de Jean Le Cam) et Valentin Noël pour créer les Frérots Sailing, une écurie autour de laquelle ils vont mutualiser leurs connaissances, leur expérience et leur budget.

Branchet et ASSPRO sponsorisent la construction du proto de Julien Letissier.

Jean-Yves FERRAND

Chirurgien plasticien à Paris, assuré chez Branchet.

Passionné de voile, il rêve de courir la Mini-Transat et il n’en a jamais été aussi proche !

Avec son bateau « GameBoy » aux couleurs d’Action Santé, une association soutenue par Branchet, le Dr Ferrand participe actuellement aux courses qualificatives pour l’édition 2023.

Portrait de ce sportif, qualifié pour le secours en montagne et ancien pro de planche à voile : CLIQUEZ ICI

Valentin NOËL

Régatier multi-supports et moniteur de voile depuis plusieurs années à Belle-Île-en-Mer.

En s’associant à Julien Letissier et Thais Le Came pour créer Les Frérots Sailing, ils vont courir dans la catégorie des prototypes, avec 3 voiliers identiques, ce qui leur permettra de bénéficier d’économies d’échelle et d’investir davantage dans l’innovation technique.

A pour objectif sportif de s’initier en Championnat de France Course au Large et faire partie du top 10 de la Mini Transat 2023.

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